Ce dimanche 1 octobre a eu lieu l’inauguration officielle de notre nouveau bâtiment  de la CCJ, Communauté Chrétienne de Jette.

Les autorités communales nous ont fait l’honneur d’être présentes, notamment notre Bourgmestre Mr Hervé Doyen.

Il nous a aussi gratifié d’un speech qui a été unanimement très apprécié. Vous trouverez ci dessus le texte de sa participation, bonne (re)lecture.

 

Frères et sœurs,

Croyez, avant toute chose, que je suis très honoré d’être présent parmi vous aujourd’hui.

Au-delà des discours convenus et des félicitations et encouragements que bien sûr je porte à votre communauté bien vivante, l’occasion m’est donnée de partager avec vous quelques réflexions et puisque c’est au titre de Bourgmestre de cette commune que je suis invité, pourquoi pas nous entretenir sur la parole du Christ et de son célèbre, et pour certains, énigmatique « Rendez à César ce qui lui appartient et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Le plus généralement, on part de cette fameuse réponse de Jésus aux pharisiens que l’on trouve dans Matthieu : « Est-il permis, demandent-ils à Jésus de payer le tribut à César ? » 

Mais Jésus, s’apercevant de leur malice, dit : « Hypocrites ! Pourquoi me tendez vous un piège ? Montrez-moi la monnaie qui sert à payer le tribut » 

Ils lui présentèrent une pièce d’argent. 

Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? » 

Ils répondirent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » 

Cette réponse de Jésus est souvent prise comme la charte fondatrice de la séparation entre le spirituel et le temporel opposant Dieu à César. 

De façon générale, le monde de la politique est considéré comme un monde de mensonge, de corruption, bref un monde de péché, non approprié au chrétien. Ce qui réduit souvent le domaine d’action du chrétien faisant de la politique à une affaire des autres comme si le chrétien n’avait pas les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres dans la cité. Ce qui réduit aussi l’action chrétienne à une action non seulement spirituelle mais aussi strictement privée et qui ne concerne que les chrétiens. Et pourtant le salut est venu pour tous sans distinction. Un tel dualisme qui sépare le spirituel du politique est beaucoup plus inquiétant du fait qu’il empêche en quelque sorte l’incarnation de l’Esprit de Dieu dans l’humanité entière. Ainsi, il en découle une séparation de ce que Dieu a uni. 

Jésus a-t-il séparé ou a-t-il distingué ? 

Il nous est donc indispensable ici de mettre au clair la réponse de Jésus aux pharisiens et je me suis livré à quelques petites recherches.

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » qui semble être une séparation entre le spirituel et le temporel marque plutôt la fin de la théocratie qui caractérisait les juifs avant l’occupation romaine, l’émergence de la conscience morale, et les prémisses d’une conception rationnelle de la politique . 

Je lis à ce propos : « Il s’agit de retrouver, non l’observance figée, mais l’esprit vivant de la loi. » 

Une lecture fondamentaliste risquerait de conduire à un conflit avec les convictions chrétiennes. Les pharisiens, ayant les monnaies de César dans leur poche, participent bien au système politique en place. Il n’y a pas de vie sociale organisée sans qu’il y ait une administration politique organisée. Il n’est dit nulle part dans la Torah juive que le peuple ne doit pas s’intéresser aux affaires publiques. Les pharisiens voulaient juste tendre un piège à Jésus pour qu’en répondant par oui ou par non, on puisse l’accuser d’être contre le pouvoir politique ou contre Dieu dont il se prétend le Fils. 

Mais surtout  Jésus a profité de l’occasion pour mettre en relief la distinction nécessaire qu’il faut faire entre le spirituel et le temporel pour que celui qui croit et qui s’engage ne soit ni en conflit avec sa foi ni avec son engagement politique dans la cité. Et Jésus n’a fait que mettre les pharisiens devant la réalité : chacun, tout en étant croyant, peut rendre à César ce qui lui est dû sans désobéir à Dieu et vice versa. 

Clairement donc, le Christ opère la distinction entre le temporel et le spirituel plutôt qu’il ne les oppose. 

Le peuple des croyants, les chrétiens, ne forment pas un Etat à part mais font partie de la société gouvernée par des personnes qui sont sensées ordonner la vie sociale et politique en vue du respect du bien commun. 

Voila une mission qui n’est pas étrangère à la vocation d’un chrétien qui est appelé à protéger les plus pauvres de la société. Le citoyen chrétien peut donc vivre la double appartenance à ses convictions et à la cité sans qu’il soit nécessaire d’envisager un conflit à l’intérieur de lui-même. 

Toutefois, frères et sœurs, la vie chrétienne demande à être vécue dans une tension dynamique entre ces deux pôles et comme un effort permanent de médiation. 

La foi ne conseille pas de se dégager pour Dieu hors de la politique, mais, dans notre engagement politique, de garder la foi en Dieu, car cette foi rendra plus salubre notre vie politique. 

Voilà chers sœurs et frères ce que je voulais partager avec vous aujourd’hui. Oui il existe des mandataires publics, croyants et inspirés de la Parole pour conduire non seulement leur vie mais aussi pour incarner leur action publique à l’aulne des valeurs auxquelles ils croient. De même, il importe pour vous toutes et tous ici présents de comprendre l’action publique comme quelque chose qui ne doit ni ne peut vous être étranger quand bien même les scandales en tous genres en occultent parfois la sincérité et l’honnêteté de ceux qui s’y engagent.

Amen
 

 

 

 

 

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